Le dimanche 12 avril 2026, Paris a vibré au rythme des 42,195 km les plus emblématiques de France.
La 49ᵉ édition du Schneider Electric Marathon de Paris a rassemblé 58 853 coureurs sur la ligne de départ, dont
57 464 ont franchi l'arche d'arrivée avenue Foch. Entre records battus, nouveaux visages dans le peloton et ambiance électrique sur le parcours, retour sur une journée qui marque un tournant pour la course à pied en France.
Des conditions idéales pour performerLes organisateurs ne pouvaient espérer meilleur scénario météorologique. Un ciel voilé, des températures fraîches en matinée et une légère brise ont offert aux participants des conditions optimales pour exprimer leur potentiel. Résultat : une densité de performances remarquable sur l'ensemble du peloton, des élites aux coureurs populaires.
Le parcours, fidèle à sa réputation de vitrine touristique, a une nouvelle fois tenu ses promesses. Départ sur les Champs-Élysées, passage devant l'Arc de Triomphe, traversée de la place de la Concorde, coup d'œil sur l'Opéra Garnier, Notre-Dame restaurée dans toute sa splendeur, les quais de Seine bordés de spectateurs, la Tour Eiffel en point de repère et enfin le bois de Vincennes avant le retour triomphal vers l'avenue Foch. Un itinéraire de 42,195 km qui transforme chaque foulée en carte postale vivante.
Yemaneberhan Crippa et Shure Demise au sommetChez les élites, la course masculine a été dominée par l'Italien
Yemaneberhan Crippa, qui s'impose en
2h05'18. Le recordman d'Europe du semi-marathon confirme sa montée en puissance sur la distance reine et offre à l'Italie une victoire de prestige sur les pavés parisiens. Une performance qui le place parmi les marathoniens européens les plus compétitifs du moment.
Côté féminin, l'Éthiopienne
Shure Demise a écrit l'histoire avec un chrono de
2h18'34, nouveau
record de l'épreuve. Elle efface des tablettes la précédente meilleure marque et confirme la domination éthiopienne sur les grandes classiques internationales. Une course maîtrisée de bout en bout, avec une accélération décisive dans les derniers kilomètres du bois de Vincennes.
Ces performances de haut niveau rappellent que le Marathon de Paris s'inscrit désormais pleinement dans le calendrier des épreuves majeures du circuit mondial. Pour suivre les résultats complets et les classements détaillés, rendez-vous sur le
site officiel du Schneider Electric Marathon de Paris.
Un peloton populaire en pleine mutationAu-delà des chronos d'exception, cette édition 2026 se distingue par l'évolution spectaculaire du profil des participants. Les chiffres parlent d'eux-mêmes :
- 49 % de primo-marathoniens : près d'un coureur sur deux découvrait la distance pour la première fois, contre 41 % en 2022
- 33 % de femmes : un record absolu pour l'épreuve parisienne, en progression constante depuis plusieurs années (31 % en 2025, 28 % en 2024, 25 % en 2022)
- 29 % de participants internationaux : le Royaume-Uni et les États-Unis composent les délégations étrangères les plus importantes
- 38 ans de moyenne d'âge : un rajeunissement progressif du peloton
Ces tendances illustrent une démocratisation profonde de la pratique du running et du marathon en particulier. La discipline attire désormais bien au-delà du cercle des coureurs expérimentés. De plus en plus de débutants osent se lancer sur 42,195 km, portés par une préparation structurée, des communautés de runners dynamiques et l'envie de vivre une expérience transformatrice.
La montée en puissance des coureusesL'augmentation de la part féminine dans le peloton constitue l'une des évolutions les plus significatives de ces dernières années. Avec 33 % de participantes, le Marathon de Paris 2026 confirme l'essor du running féminin observé à l'échelle nationale et internationale.
© A.S.O. - Victor Barcus
Cristèle Ramassamy, 47 ans, illustre parfaitement cette dynamique. Venue pour son deuxième marathon après une première expérience en 2025, elle boucle les 42 km en 4h01 :
« Je me suis mise au marathon l'année dernière, j'ai fait 4h02 à Paris. Je me suis dit que j'allais passer sous les 4 heures, mais je fais 4h01 cette année, ce n'est pas grave, c'est déjà bien ! ».
Son témoignage reflète l'état d'esprit de nombreuses coureuses : la performance personnelle prime sur le chrono absolu, et chaque édition devient l'occasion de repousser ses propres limites. Cette approche décomplexée du marathon contribue à élargir le public de l'épreuve et à casser l'image parfois intimidante de la distance reine.
Primo-marathoniens : l'appel du défiLe chiffre de 49 % de premiers marathons mérite qu'on s'y attarde. Il traduit un changement culturel dans la perception de l'épreuve. Longtemps réservé aux coureurs chevronnés, le marathon devient accessible à un public beaucoup plus large, porté par plusieurs facteurs :
- La multiplication des
plans d'entraînement gratuits et des applications de coaching
- L'essor des
clubs de running et des communautés en ligne
- La médiatisation croissante de l'épreuve et
des récits de transformation personnelle- La recherche de
défis significatifs dans un contexte post-pandémique
Kevin Janvier, 34 ans, incarne cette nouvelle génération de marathoniens. Habitué des distances plus courtes (5 km, 10 km), il franchit la ligne en 2h46, quatre minutes sous son objectif :
« Je suis très fier, j'ai fait mieux que j'espérais. Je me suis inscrit juste après le Marathon de Paris de l'année dernière avec un groupe de potes.»
Cette dimension collective de l'engagement marathon se retrouve dans de nombreux témoignages. Courir son premier 42 km avec des amis, relever un défi commun, partager les semaines d'entraînement : autant d'éléments qui contribuent à désacraliser l'épreuve tout en renforçant son attractivité.
Pour approfondir vos connaissances sur la préparation marathon et optimiser votre entraînement, consultez notre
guide de préparation au marathon sur Forrest.
© A.S.O. - Victor Barcus
La jeunesse en pisteAutre tendance notable : le rajeunissement progressif du peloton. Victor-Emmanuel Botteri, 21 ans, et sa sœur Ophélia, 24 ans, ont franchi la ligne ensemble en 4h01. Victor-Emmanuel, étudiant en master de biologie, explique :
« C'était dur, mais j'ai accompagné Ophélie, donc ça allait. Je voulais être avec elle sur les 42 km ».
Leur témoignage souligne l'importance de l'accompagnement et du partage dans l'expérience marathon. Pour ces jeunes coureurs, la performance individuelle compte moins que le moment vécu ensemble. Une approche qui participe à rendre le marathon plus humain et moins intimidant pour les novices.
Un événement internationalAvec 29 % de participants étrangers, le
Marathon de Paris confirme son statut de rendez-vous mondial. Les coureurs britanniques forment la première communauté internationale, suivis des Américains. Cette diversité se ressent sur le parcours, où les accents se mélangent et les drapeaux fleurissent sur les dossards.
Julie Lajeunesse, Canadienne de 46 ans, achève son neuvième marathon en 2h43'36 :
« J'étais venue pour le semi de Paris en 2013 et je m'étais dit que je reviendrais quand je courrais des marathons. C'est un magnifique parcours, une foule exceptionnelle, j'ai adoré ! »
Pour les coureurs internationaux, Paris représente bien plus qu'une course : c'est une expérience culturelle complète, mêlant performance sportive et découverte de la capitale française.
8,5 millions d'euros pour la solidaritéL'édition 2026 établit un nouveau record en matière d'engagement associatif. Environ 8 500 coureurs ont porté un dossard solidaire, collectant
8,5 millions d'euros au profit de plus de 300 associations. Une progression spectaculaire par rapport aux 6 000 dossards associatifs de 2025.
Joseph Petrop, 29 ans, a bouclé son premier marathon en 3h21 avec le dossard de l'American Cancer Society
:« J'ai perdu mes grands-parents, et mon père a eu un cancer cette année. Ça va maintenant, tout va bien. »
Son témoignage illustre la dimension profondément humaine de ces engagements solidaires, où le défi sportif se double d'une cause personnelle.
Ce programme, lancé en 2012, transforme chaque kilomètre en acte de générosité et renforce le lien entre performance individuelle et impact collectif.
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40 zones d'animation pour 200 000 spectateursL'ambiance constitue l'un des atouts majeurs du Marathon de Paris. Cette année, pas moins de 40 zones d'animation jalonnaient le parcours, avec fanfares, DJ sets, groupes de supporters et animations diverses. Près de 200 000 spectateurs se sont massés le long des 42 km pour encourager les coureurs.
Mathis Delbarre et Léa Vandenbroucke, venus soutenir leur ami Paul-Lénaïc Pervès depuis Brest, témoignent de cette ferveur populaire :
« On l'a suivi sur plusieurs points du parcours et il avait l'air vraiment content de nous voir. Il faut être un peu partout à la fois, on n'a pas le temps de s'arrêter parce qu'il courait vite pour faire moins de 3 heures. »
Cette atmosphère festive distingue le Marathon de Paris de nombreuses autres épreuves et contribue largement à son succès populaire.
Laure Manaudou : symbole d'une nouvelle génération de marathoniensParmi les personnalités présentes au départ, Laure Manaudou a marqué les esprits. L'ancienne championne olympique de natation a franchi la ligne en 4h30'44, accompagnée de son frère et de Marion Pelé.
« J'étais bien jusqu'au 29ᵉ kilomètre. J'ai été encouragée tout au long du parcours. Bravo à tous les coureurs ! »
Sa participation illustre l'attrait croissant du marathon auprès d'anciens sportifs de haut niveau issus d'autres disciplines, mais aussi auprès du grand public qui s'identifie à ces figures médiatiques osant se lancer sur 42 km.
Rendez-vous en 2027 pour la 50ᵉ éditionAlors que les derniers finishers savourent leur médaille et que Paris retrouve son rythme habituel, les regards se tournent déjà vers 2027. La 50ᵉ édition du Marathon de Paris s'annonce exceptionnelle, avec des festivités spéciales pour célébrer ce demi-siècle de course à pied dans la capitale.
Pour tous ceux qui hésitent encore, le message des 57 464 finishers de 2026 est clair : le marathon est à la portée de tous ceux qui osent s'y préparer. Rendez-vous l'année prochaine sur les Champs-Élysées.