Les championnats du Monde de cross sont désormais organisés les années impairs. Ici, la dernière édition à Bydgoszcz en Pologne (Photo Gilles Bertrand)
Et ces dernières années, les appels à a réintégration se sont multipliés. Haile Gebrselassie, Kenenisa Bekele, Paul Tergat avaient notamment rédigé en 2008 une lettre ouverte dans ce sens, adressée à l’ancien président du CIO Jacques Rogge ainsi qu’au président de l’IAAF Lamine Diack. En août 2010, l’IAAF avait interrogé le CIO quant au bien fondé de la réintégration du cross aux Jo d’hiver. Sans suite. En décembre 2013, le cross fut au centre des débats lors d’un séminaire organisé à Belgrade en présence d’une profusion « d’experts » comme l’avait souligné Sebastian Coe, qui était présent en Serbie (la double championne du Monde 1987 et 1989 Annette Sergent, l’Américain Craig Virgin, double champion du Monde 1980 et 1981, le Kényan Benjamin Limo, lauréat du cross court en 1999, Paula Radcliffe, alors que les aspects physiologiques et psychologiques développés par la pratique du cross avait été évoqués au cours de plusieurs interventions). De bonnes raisons pour la réintégration En février 2014, lors des JO de Sotchi, James Henderson, directeur de l’hebdomadaire britannique Athletics Weekly avait listé sur le site internet du magazine dix raisons pour lesquelles une épreuve de cross country aurait dû être organisée en Russie. Il mettait ainsi en exergue l’histoire olympique de la discipline, la possibilité d’intégrer des pays africains à ces Jeux d’hiver, ces derniers en étant largement exclus (seuls le Maroc, le Togo et le Zimbabwe étaient représentés à Sotchi), la promotion du sport santé par la course à pied (dans un contexte où la course à pied est de plus en plus pratiquée et populaire, pourrons-nous rajouter), le soutien de la Fédération internationale, la relance et la reconnaissance nouvelle d’une discipline aux abonnés absents médiatiquement, la place disponible au sein du calendrier (les championnats du Monde de cross sont depuis 2011 organisés les années impairs, en alternance avec les Mondiaux de semi-marathon) ou encore le non-problème de la neige et de la glace pour des sports hivernaux (plusieurs exemples prouvent que le cross peut se disputer sur des sols enneigés).Photo Gilles Bertrand
Le cross a récemment refait une incursion à lors d’une compétition internationale. Ce fut à l’occasion de la quatrième édition des Jeux Asiatiques de plage, qui se sont déroulés en novembre dernier à Phuket en Thaïlande, où une épreuve de cross fut organisée et a rencontré un certain succès selon un journaliste du site insidethegames (lire en anglais ici). Enfin, cette réintégration ne se ferait pas au détriment d’un autre sport olympique hivernal, conformément à l’Agenda 2020 * du CIO (la recommandation 10 précise que les révisions du programme olympique « porteront sur des épreuves plutôt que sur des sports, avec la participation des Fédérations internationales », avec la limite suivante : environ 2 900 athlètes et 100 épreuves pour les Jeux d’hiver). Reste à voir si cette déclaration de Sebastian Coe sera suivie des effets escomptés. * lors de la 127e session du CIO qui s’est tenue à Monaco les 8 et 9 décembre 2014, les membres du CIO ont approuvé à l’unanimité les 40 recommandations qui composent l’Agenda Olympique 2020 et qui établissent « la feuille de route stratégique pour l’avenir du Mouvement olympique ». Retrouvez ici un article très intéressant concernant l’histoire du cross country aux Jeux Olympiques (en anglais). Photo de une : L'équipe de France de cross en Pologne en 2013 (Photo Gilles Bertrand)