Il faut que les athlètes du projet « soient bien conscients de l’investissement de la Fédération pour eux »
Il y a des contrats avec certains athlètes qui sont dans le projet mais n’ont pas encore disputé de marathon (comme Sophie Duarte ou Yohan Durand) ? Dans le projet de départ, on n’aide pas que des gens qui ont déjà fait du marathon, l’objectif étant d’avoir une équipe performante à Rio. En fonction des qualités de chacun, on estime que Sophie Duarte ou Alexandra Louison sont susceptibles d’êtres performantes sur marathon et d’apporter un plus à l’équipe de France. Les employeurs des athlètes qui travaillent vont donc être dédommagés lorsqu’ils partent en stage ou sur les grosses compétitions ? C’est englobé dans les aides qui sont prises en compte : quelqu’un qui est militaire a moins besoin de mises à disposition que quelqu’un qui travaille à temps complet etc…C’est pris en compte dans les aides que l’on attribue à chaque athlète. On va demander à ce que chaque athlète puisse avoir la possibilité de pouvoir se libérer, et ponctuellement voir avec les employeurs pour que les athlètes puissent partir en stage. Cela va donc être effectif en 2015 ? Patricia Laubertie avait notamment beaucoup de difficultés pour s’entraîner (lire ici) ? C’est un peu différent, car elle est étudiante en formation. Son stage est incompressible et la négociation est plus compliquée pour elle. Ce n’est pas qu’un problème de libération, c’est un problème d’examens etc… Oui, mais il y a d’autres exemples, comme Corinne Herbreteau-Cante qui a pris sur ces congés pour le stage à Font Romeu avant Zurich (lire à ce propos l'analyse sur l'élan que doit susciter le titre de Christelle Daunay) ? Complètement. Après il y a des choix. A un moment donné, on s’adresse à des gens qui essaient de s’investir. On fait avec les moyens que l’on a. On ne peut pas rémunérer tous les athlètes du projet en les libérant douze mois sur douze. Mais il y a des aides conséquentes, que l’on met en avant quand on expose les contrats avec chaque athlète, afin qu’ils soient bien conscients de l’investissement de la Fédération pour eux. On essaie de faire le maximum. Les athlètes sont bien aidés par rapport aux autres disciplines. C’est une vraie chance pour eux. Ils l’ont d’ailleurs bien compris car il y a un nombre conséquent de coureurs qui s’orientent vers le marathon et qui n’auraient peut-être pas fait le pas si la Fédération n’avait pas eu cette volonté d’aide sur cette spécialité propre.« Le marathon est une discipline intéressante et qui permet malgré ce que l'on peut dire de faire du cross l'hiver »
Justement, percevez-vous cet engouement (de nombreux Français feront leurs débuts à Paris comme Yohan Durand, Timothée Bommier alors qu'Hassan Chahdi escompte se lancer également) ? Oui, les gens s’aperçoivent que c’est une discipline qui est intéressante, et qui permet malgré ce que l’on peut dire de faire du cross l’hiver. Ce sont des choix de préparation à faire. L’exemple de Timothée Bommier, c’est aussi un choix de changement : à un certain moment de ta carrière, tu as besoin de challenges un peu différents. Et le marathon est un bon objectif. On est heureux qu’il y ait des athlètes qui ont des qualités sur des distances comme le cross ou le 10 000 m qui puissent avoir l’objectif de monter. Mais ce n’est pas si facile que ça, vu l’expérience l’an dernier de Bob Tahri, par exemple. Il n’y a pas d’automaticité entre valoir 27’, 27’30’’ sur 10 000 m et derrière réaliser immédiatement des performances sur marathon. C’est quelque chose qui se prépare sur du long terme et qui demande un gros investissement. Vous parliez de montée et de descente l’an dernier. Il y a toujours 14 athlètes* pour l’année 2015 ? Bob Tahri n’est plus dans le projet. Il a souhaité s’orienter de nouveau sur la piste et ne plus avoir l’objectif du marathon **. Il a fait deux marathons (2h18'16'' à New York en novembre 2013 et 2h16'28'' le 12 octobre à Metz où il fut champion de France), on l’a aidé pour ce projet là. Il s’est aperçu que ce n’était peut-être pas la bonne voie pour lui. Je pense qu’il n’a pas préparé le marathon de façon suffisamment longue pour pouvoir espérer des bons résultats dans cette discipline là, mais bon, je ne m’immisce pas dans ses choix personnels. (Concernant la liste d’athlètes), on doit se voir avec le DTN et on doit communiquer là-dessus pour l’année 2015. Il y a des gens comme Yohan Durand qui sont susceptibles d’apparaître sur cette liste, ou une fille comme Alexandra Louison. Denis Mayaud pourrait aussi faire partie de cette liste là. Après on ne peut pas mettre non plus chaque athlète. L’objectif est, à un moment donné, de cibler les résultats pour nos meilleurs et donc de progressivement diminuer le nombre d’athlètes pour arriver autour d’une dizaine pour 2016.Le groupe de tête aux Europe à Zurich (Photo Q.G)
Il y a des regroupements de prévu ? Il y aura un stage au Kenya de trois semaines en février, puis un stage de deux semaines au Japon en mars. Ce sera un stage masculin en relation avec l’équipe nationale du Japon (comme en 2014), car ils ne font pas de stage mixte. La plupart des athlètes feront un marathon de printemps. On aura un stage de 4-5 jours de récupération en balnéothérapie dans la Loire le week-end suivant le marathon de Paris, pour ceux qui le feront. Ensuite ça se fera en fonction des éventuels qualifiés pour les championnats du Monde de Pékin (les modalités de sélection seront publiées à la fin du mois). Le titre de Christelle Daunay a-t-il eu un retentissement particulier ? Oui. On était déjà très satisfaits que Christelle parte sur l’option du marathon. Car on sait qu'à chaque fois qu’elle s’est préparée pour faire un marathon, elle l’a toujours fait de façon optimale. Le titre a été un gros plus. On le retrouve dans plein d’endroits, comme dans la presse, où à chaque fois que quelque chose est cité par rapport au marathon, le titre de Christelle Daunay revient. C’est très important pour nous.