Recordman d'Europe du 10km et du semi-marathon, l’athlète suisse de 26 ans Julien Wanders a orienté depuis quelque temps sa transition vers le marathon en vue des Jeux Olympiques de Paris 2024. Il s'alignera pour la première fois sur la distance ce dimanche sur le Marathon de Paris.
Par Alexandre Violle.
Point d’orgue d’une carrière pour tout sportif, s’adonner à cette distance mythique lui trotte dans la tête depuis sa majorité mais c’est un projet qu’il a véritablement mûri ces 4 dernières années. L’envie pourtant très forte, il a fallu prendre son mal en patience pour faire les choses correctement, étape par étape. Rencontre avec celui qui pourrait devenir ce dimanche l’homme le plus rapide de Suisse sur la distance… et de France…
Des débuts sur marathon retardés par une blessure
Celui qui réside au Kenya une très grande partie de l’année, son pays d’adoption, là où la distance marathon constitue l’un des Graal absolus, prendra le départ de son tout premier marathon ce dimanche. Embêté par une blessure l’an passée ne lui ayant pas permis de réaliser ses débuts sur la distance, Julien profite alors de cette période de convalescence pour accentuer son travail sur le renforcement pour permettre à son corps d’encaisser les grosses charges d’entraînement qui l'attendent. Et il faut dire qu’à Iten, les exemples de réussite sur la distance ne manquent pas, d’ailleurs comme il nous le précise : “De plus en plus, les coureurs se dirigent vers la route sans nécessairement passer par du très haut niveau sur la piste, c’est clairement la distance reine au Kenya et celle où la densité est incroyable”.
Point de départ officiel donc : le marathon de Paris 2022. Au-delà d’être l’événement phare de son partenaire principal Asics, sponsor officiel de la course, ce dernier est considéré comme l’un des plus beaux du monde, un argument non négligeable sur une telle distance, même pour l’Elite. “C’est un marathon que je regarde chaque année à la télé et il y a quelques années j’avais déjà eu dans l’idée de faire lièvre et de finir si je me sentais bien ; et puis c’est aussi un marathon intermédiaire et une porte d’entrée intéressante vers les plus gros marathons comme Valence ou Berlin”. Et rappelons nous, ce marathon avait souri à l’un des plus grands de tous les temps lors de sa première lui aussi en 2014, l’éthiopien Kenenisa Bekele qui l’avait emporté en 2h05min14s.
Une préparation idéale pour ce marathon de Paris 2022
La tradition d’un fort volume hebdomadaire pendant plusieurs mois précédant le marathon n’a pas échappé à la préparation de Julien : “Mes semaines ont été assez régulières en termes de kilométrages : entre 200 et 215km, et j’ai effectué ma dernière très grosse sortie longue presque 15 jours avant le marathon : 38km à 3’12 au kilomètre. C’était la séance clé de ma préparation”. Pour lui, ”le plus important pour le marathon, c’est la régularité donc des grosses semaines de volume avec moins d'intensité que lorsque l’on prépare la piste. Et puis il y a des entraînements très spécifiques et indispensables comme les sorties longues allant jusqu’à 35 voir 40km avec une allure moyenne proche de celle du marathon ; c’est des séances clés que j’ai introduit en vue du marathon. Cela fait des années que je suis régulier et que j’assimile des charges d’entraînement autour de 200km par semaine donc ce n’est pas nouveau pour moi”. Ce qui ne l’empêche pas de mettre en place de nouvelles manières d’aborder les derniers jours de sa préparation avec la fameuse période d’affûtage, qu’il est primordial d'apprivoiser pour pouvoir performer sur marathon comme il nous le précise : “je n’ai pas l’habitude d’effectuer des périodes d’affûtage mais cette semaine, sur les conseils de mon coach, je n’ai fait que des footings et donc si l’on prend en compte le marathon dimanche, cela me fera une semaine autour des 150 kilomètres.”